« Je ne connaissais pas la vie religieuse apostolique, avant mon année de volontariat au Honduras, où j’ai rencontré des sœurs de la Providence qui vivaient avec joie et simplicité au milieu des faubourgs défavorisés de la capitale. Je ne m’étais pas vraiment posée la question de la vie religieuse auparavant.
Comme beaucoup de jeunes de ma génération, je me suis construite à force d’expériences, en vivant pleinement le présent sans me projeter dans un avenir fixé d’avance.
Jeune enseignante, je vivais mes vacances d’été sur les 4 chemins en Amérique latine, de projet en projet, avide de rencontrer les peuples indigènes et de vivre de nouvelles aventures. Mais je sentais bien, comme dit Etty Hillesum, que je n’étais pas faite « pour être la compagne d’un seul homme », parce que « je me sens moi-même habitée par tant de présences. (…) Il me semble que j’ai aimé et que j’ai été aimée à satiété. »1
C’est cette expérience d’amour, relue à la lumière de la Parole de Dieu, qui a mis un visage sur Celui que je cherchais, le Christ, et qui a donné forme à mon désir d’absolu : vivre un amour universel et gratuit, qui ne dépende ni du lieu, ni des personnes, ni de l’activité, mais de Dieu seul. La spiritualité carmélitaine, découverte lors de mes études d’espagnol, a été un élément de choix pour la Congrégation de la Providence de la Pommeraye. Leur accueil simple et joyeux m’a attiré dès les premiers contacts. Je continue à exercer comme enseignante, et à la veille de mon engagement définitif, je rends grâce d’avoir découvert un chemin de bonheur qui me rend libre, libre pour mieux aimer. »
Sophie, septembre 2011